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À mon avis, la plus belle chanson de Joan Baez !

Diamonds and Rust


Joan Baez rencontre Dylan en 1961 au Gerdes Folk City dans le quartier de Greenwich Village à New York.

N'étant pas impressionnée par Dylan et son air d'« Hillbilly urbain », elle est cependant fortement intéressée par l'une de ses compositions Song to Woody et souhaite l'enregistrer.
Une relation amoureuse connaissant des hauts et des bas se noue entre les deux artistes. En 1963, la chanteuse invite Dylan à chanter avec elle au Newport Folk Festival.

Le duo interprète une composition de Dylan : "With God on Our Side". C'est le début d'un duo qui se produira sur scène - avec de longues interruptions - jusqu'au milieu des années 1970 lors de la Rolling Thunder Revue.

Si au début c'est Joan Baez qui invite Bob Dylan à interpréter ses propres compositions, les rôles s'inversent rapidement. Joan Baez reprenait, avant sa rencontre avant Bob Dylan, un répertoire "folk" traditionnel ou des chansons engagées connues Last Night I Had the Strangest Dream, We Shall Overcome.

Pendant la tournée de Dylan au Royaume-Uni, leur relation se délite. Le film documentaire Dont Look Back de D.A. Pennebaker sorti au cinéma en 1967 relate cette tournée britannique et la fin de la relation amoureuse entre les deux artistes. Malgré leur séparation, ils reprendront leur collaboration.

Joan Baez suit Dylan pendant sa tournée Rolling Thunder Revue en 1975-76. Elle obtient aussi un rôle dans le film Renaldo and Clara dirigé par Dylan. Fortement influencée par cette relation, Baez écrit au moins deux chansons dédiées à Dylan dont Diamonds and Rust.

Cette chanson "Diamonds and rust" (Les diamants et la rouille) n'a jamais quitté le répertoire scénique de Joan Baez. Cette chanson s'adresse à Bob Dylan qui fut le grand amour de Joan Baez... C'est une chanson sur un amour passé, sans amertume, sans haine, une chanson "noble"; sereine, lucide et d'autant plus implacable.

C'est avant tout le portrait d'une femme, une femme seule. Un soir de pleine lune, le téléphone sonne : c'est son ancien amour qui l'appelle, l'homme avec qui elle a vécu les années les plus passionnées de sa vie. Il veut la revoir. Leurs jeunesses respectives sont déjà loin derrière eux. Cet appel réveille les souvenirs d'une époque qu'elle croyait révolue et qui ressurgit d'un coup. Elle se souvient du garçon rebelle qu'il était, du jeune chien fou adulé des foules et qui a su gagner son amour à elle qui était peut-être la même que lui dans le fond mais aussi tout l'opposé, distinguée, sage, réservée.

Des images précises lui reviennent en mémoire : lui sur scène, lui au milieu d'un tourbillon de feuilles mortes, lui sous la neige, ou bien encore lui et son étrange sourire derrière la vitre d'un hôtel minable de Washington Square, paumé. Elle se rappelle aussi des phrases blessantes, de sa poésie à elle qu'il trouvait pauvre. Elle lui demande de l'aider à trouver les mots pour dire ce qu'elle ressent, les phrases qui pourraient mettre un voile sur une douleur vive et sur une plaie qui s'ouvre à nouveau.

Le texte, oscillant de manière subtile entre passé et présent est simple, authentique, et constitue, allié à la musique et la voix de Joan Baez un parfait vecteur des différents sentiments et émotions qui se dégagent de ce morceau hors du temps.

La "morale" de cette histoire est qu'un bon souvenir (diamant) ne vient jamais sans un mauvais (rouille). La fin de la version de 1975 dit: "Et si tu veux m'offrir des diamants et de la rouille, sache que j'ai déjà payé." A partir de 2007, Joan Baez modifiera les paroles de la fin de la chanson et chantera "Et si tu veux m'offrir des diamants et et de la rouille, je prends les diamants…".

Entre nostalgie douce-amère, rêves dorés et désillusions désargentés, cette chanson est de celles qui touchent le cœur de chacun et fait pleurer l'âme de ceux qui auraient pu l'avoir écrite.

Le texte ci-dessus ainsi que les paroles ci-dessous sont tirés de différents sites internet.



(Words and Music by Joan Baez)

I'll be damned
Here comes your ghost again
But that's not unusual
It's just that the moon is full
And you happened to call
And here I sit
Hand on the telephone
Hearing a voice I'd known
A couple of light years ago
Heading straight for a fall

As I remember your eyes
Were bluer than robin's eggs
My poetry was lousy you said
Where are you calling from?
A booth in the midwest
Ten years ago
I bought you some cufflinks
You brought me something
We both know what memories can bring
They bring diamonds and rust

Well you burst on the scene
Already a legend
The unwashed phenomenon
The original vagabond
You strayed into my arms
And there you stayed
Temporarily lost at sea
The Madonna was yours for free
Yes the girl on the half-shell
Would keep you unharmed

Now I see you standing
With brown leaves falling around
And snow in your hair
Now you're smiling out the window
Of that crummy hotel
Over Washington Square
Our breath comes out white clouds
Mingles and hangs in the air
Speaking strictly for me
We both could have died then and there

Now you're telling me
You're not nostalgic
Then give me another word for it
You who are so good with words
And at keeping things vague
Because I need some of that vagueness now
It's all come back too clearly
Yes I loved you dearly
And if you're offering me diamonds and rust
I've already paid




© 1975 Chandos Music (ASCAP)






Je sais que je suis condamnée
Car ton fantôme est revenu me hanter
Mais je pouvais m'y attendre
Car la Lune est pleine ce soir
Et tu as décidé d'appeler

Et me voici assise
Avec une main posée sur le téléphone
J'entends encore cette voix qui m'était familière
Il y a une éternité de cela
De tout manière ça n'aurait jamais marché

Dans mes souvenirs tes yeux
Etaient aussi bleus que des oeufs de rouge-gorge
Tu disais toujours que la poésie n'était pas mon fort
Et maintenant voilà que tu m'appelles
D'une cabine téléphonique du Midwest

Il y a dix ans de ça
Je t'avais acheté des boutons de manchette
Toi tu viens de me ramener quelque chose
Mais toi et moi nous savons que tout ce que les souvenirs apportent
C'est des diamants et de la rouille

Sur scène le feu sacré brûlait en toi
Tu étais une légende
Un phénomène incorruptible
Un authentique vagabond
Qui s'est perdu dans mes bras

Et tu y es resté
Comme si tu n'avais nulle part où aller
La grande dame t'était acquise
Et la jeune fille un peu prude
T'empêchais de te faire du mal

Je te revois encore
Des feuilles mortes tourbillonnant autour de toi
Et de la neige tombant sur tes cheveux

Je te revois encore sourire de derrière la fenêtre
De ce petit hôtel
Avec vue sur Washington Square

Les petits nuages blancs qui ponctuent nos souffles
S'entrelacent un instant avant de disparaître
Et semblent me rappeler
Qu'à cette époque nous aurions pu mourir

Alors comme ça tu prétends
Ne pas être nostalgique
Dans ce cas donne-moi un mot pour dire ce que je ressens
Toi qui était si doué avec les mots
Et avec l'incertitude

Car à présent j'ai besoin de cette incertitude
Tout devient bien trop clair à mon goût
C'est vrai que je t'ai aimé de tout mon coeur
Et si tu veux m'offrir des diamants et de la rouille
Sache que je les ai déjà payés






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